Ce qu'il faut savoir avant de créer votre société
Lancer une entreprise, c'est bien plus qu'une simple démarche administrative. Vous vous apprêtez à prendre des décisions qui vont structurer votre activité pour les années à venir.
J'ai accompagné des dizaines de créateurs d'entreprise depuis 2018, et franchement, ceux qui réussissent le mieux sont ceux qui prennent le temps de bien réfléchir en amont. Pas besoin d'avoir toutes les réponses tout de suite – mais certaines questions méritent vraiment qu'on s'y arrête.
Chaque forme juridique a ses particularités. Et ce qui fonctionne pour votre voisin freelance ne conviendra peut-être pas du tout à votre projet de développement commercial. Regardons ensemble ce qui compte vraiment.
Votre situation personnelle compte
Avant même de choisir entre SARL, SAS ou entreprise individuelle, posez-vous ces questions concrètes :
- Vous lancez seul ou avec des associés ?
- Votre conjoint travaillera dans l'entreprise ?
- Vous gardez un emploi salarié à côté ?
- Vous avez des biens personnels à protéger ?
Ces éléments vont directement influencer le statut le plus adapté. Par exemple, en février 2025, j'ai conseillé à Léonie de partir sur une EURL plutôt qu'une auto-entreprise – elle prévoyait d'embaucher rapidement et ça a changé toute la donne.
L'aspect fiscal n'est pas anecdotique
On ne va pas se mentir : la fiscalité peut représenter une part importante de vos charges. Selon votre structure, vous serez imposé différemment.
- Impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés ?
- TVA applicable dès le début ou franchise ?
- Cotisations sociales sur quel assiette ?
- Options fiscales disponibles pour votre activité
Certains choix sont réversibles, d'autres pas vraiment. Un restaurateur avec qui j'ai travaillé fin 2024 a économisé près de 8 000 euros la première année simplement en structurant correctement son capital et sa rémunération.
Anticiper les besoins financiers
Combien faut-il vraiment pour démarrer ? La réponse varie énormément selon votre secteur, mais quelques points sont universels.
- Capital social : montant minimum et optimal
- Trésorerie nécessaire pour les 6 premiers mois
- Investissements matériels et immatériels
- Frais de création et d'accompagnement
L'erreur classique ? Sous-estimer le besoin en fonds de roulement. Vous allez peut-être facturer rapidement, mais vos clients paieront sous 30, 45 ou même 60 jours. Il faut pouvoir tenir entre-temps.
Qui peut vous guider dans vos choix
S'entourer des bonnes personnes dès le départ, c'est s'éviter bien des complications par la suite. Voici deux profils essentiels que vous devriez consulter avant de vous lancer.
Maëlle Kervarrec
Juriste spécialisée en droit des sociétés
« Je reçois beaucoup d'entrepreneurs qui veulent aller vite. C'est compréhensible, mais prendre deux heures pour bien choisir sa structure peut éviter des années de complications. Les statuts, c'est pas juste un modèle à remplir – c'est la constitution de votre entreprise. Chaque clause a son importance, surtout si vous êtes plusieurs associés. »
Inès Vaillancourt
Expert-comptable, accompagnement TPE
« Mon rôle, c'est de traduire le jargon fiscal en décisions concrètes pour mes clients. Vous voulez vous verser un salaire tout de suite ou réinvestir ? Vous prévoyez de la croissance rapide ? Ces réponses vont orienter tout le montage. Et non, il n'y a pas de "meilleur statut" universel – il y a celui qui correspond à votre projet. »
Liste de préparation pratique
- Définir précisément votre activité Le code APE doit correspondre exactement à ce que vous allez faire. Ça influence vos obligations réglementaires, votre convention collective, et même certaines aides disponibles. Soyez spécifique.
- Choisir le siège social Domiciliation chez vous, location de bureaux, société de domiciliation ? Chaque option a des implications pratiques et légales. Votre bail personnel autorise-t-il une activité professionnelle ? C'est à vérifier maintenant.
- Préparer les documents d'identité Pièce d'identité en cours de validité, justificatif de domicile récent, éventuellement diplômes si votre activité est réglementée. Avoir tout sous la main accélère considérablement les démarches.
- Réfléchir au nom commercial Vérifiez la disponibilité auprès de l'INPI, pensez au nom de domaine internet, assurez-vous qu'il n'y a pas de confusion possible avec une marque existante. Un changement de nom après création coûte cher et complique la communication.
- Évaluer vos besoins d'assurance Responsabilité civile professionnelle, protection juridique, mutuelle... Certaines sont obligatoires selon votre activité, d'autres fortement recommandées. Demandez des devis avant de vous lancer pour intégrer ces coûts dans votre prévisionnel.